La Cellule d'Urgence Médico-Psychologique

CUMP

Plus de 600 blessés ou impliqués pris en charge individuellement ou collectivement pour l'année 2000

 

Les événements graves : catastrophes, accidents collectifs, attentats ou prises d'otages survenus ces dernières années sur le territoire français ont réactualisé un concept qui sommeillait depuis plusieurs décennies au point d'individualiser la notion de psychotraumatologie.

 

Un siècle après l'identification de la " névrose traumatique " à l'occasion des premiers accidents de chemin de fer et autres avatars liés à l'industrialisation en Europe, les cliniciens se sont attachés à définir les contours d'une psychiatrie de catastrophe. Initialement nourrie des expériences militaires au travers des différents conflits armés de ce siècle, il est clairement et spécifiquement apparu la nécessité d'évaluer et de prendre en charge les répercussions psychiques observées chez les sujets, adultes et enfants, confrontés à des expériences éprouvantes.

 

Pour répondre à ce type de situation, une cellule d’urgence médico-psychologique ou C.U.M.P. est fonctionnelle au sein du SAMU régional de Lille.

 

En effet, dès le lendemain de l'attentat terroriste de la station RER Saint-Michel à Paris, le 25 Juillet 1995, une Cellule d'Urgence Médico-Psychologique a été constituée auprès du Secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire d'Urgence Mr Xavier Emmanuelli, sur instruction de Mr le Président de la République Jacques Chirac.

 

Présidée par Mr le Médecin Général Louis Crocq, la cellule a reçu sa mission le 4 Août 1995. Les deux années suivantes ont permis d'élaborer un dispositif applicable à l'ensemble du territoire ; aboutissant à la circulaire DH/E04-DGS/SQ2 - N°97/383 du 28 Mai 1997 " relative à la création d'un réseau national de prise en charge de l'urgence médico-psychologique en cas de catastrophe " avec date d'application immédiate.

 

Cette circulaire prévoit ainsi la constitution de sept Cellules Locales d'Urgence Médico-Psychologique rattachées aux SAMU. La cellule lilloise a une compétence géographique recouvrant 10 départements et près de 9 millions de personnes, cellule dirigée par un psychiatre coordonateur régional. Ce psychiatre dispose de référents départementaux au sein de sa région de compétence. Il s’assure de leur soutien scientifique, technique et opérationnel, de l’organisation de formations spécifiques à la psychiatrie de catastrophe, centralise les listes de volontaires, et anime la consultation de suivi des victimes et impliqués.

 

Les missions de cette cellule de coordination régionale sont ainsi nombreuses, à la fois organisationnelles et interventionnelles.

 

Ce type de structure est pour l’instant amené à être déclenché en la présence d’un grand nombre de blessés psychiques même en l’absence de blessés somatiques (le chiffre d’une quinzaine d’impliqués semble être un seuil). La taille, la violence et l’impact de l’événement sont également à prendre en considération dans les modalités de déclenchement.