Appels pour piqûres de tique et/ou maladie de Lyme de 1989 à 2009 au Centre Anti-Poison de Lille

 

Les Tiques

Ces charmantes petites bêtes de la famille des acariens que l’on a l’habitude de voir chez les chiens et chats peuvent également s’attaquer à l’Homme.

Leurs habitats de prédilection sont les endroits humides et frais (entre 7 et 25°C) tels que les forêts, bois, hautes herbes et même les jardins (publics ou privés). Elles grimpent à une hauteur variant de 50 cm à 1m du sol (sur les arbres, herbes hautes, branches…) et dès qu’une proie passe a proximité, elles se laissent tomber dessus.

Chez l’Homme, les enfants sont les plus touchés étant donné leur petite taille et leur tendance à courir hors des sentiers, mais les adultes peuvent également être touchés.

Les tiques sont présentes dans toutes la France, elles sont en augmentation constante dans toute l’Europe et représentent un véritable fléau aux USA.

Lorsqu’une tique est montée sur sa proie, elle préfère aller se loger dans un endroit avec de la peau fine, assez chaud et légèrement humide, donc en général dans les grands plis de la peau : l’arrière des genoux, les aisselles et l’aine sont ses régions favorites, et dans ces endroits elle est plus difficile a repérer.

Les tiques communes (de nom latin Ixodes ricinus) ne sont pas venimeuse en elles-mêmes et seraient sans danger si elles ne transportaient pas des agents pathogènes : en effet les tiques se nourrissent de sang plusieurs fois dans leur vie, et donc peuvent récupérer les microbes de leurs proies. La bactérie la plus redoutée pouvant être transmise par les tiques s’appelle Borrelia burgdorferi et est responsable de la maladie de Lyme.

tique et crochet

La maladie de Lyme

Cette maladie peut provoquer de nombreux symptômes différents, et qui ne sont pas très évocateurs de cette maladie spécifiquement, d’où la difficulté de la diagnostiquer. Les examens biologiques ne permettent pas toujours de diagnostiquer la maladie non plus, de nombreux résultats (40%) étant faussement négatifs.

La maladie évolue en trois stades chronologiques, avec une évolution des symptômes si on laisse la maladie sans traitement.

Stade 1 :          - Il correspond à des symptômes grippaux : fièvre, frissons, douleurs musculaires/courbatures, douleurs articulaires, maux de tête, fatigue intense, augmentation du volume des ganglions…

Ces symptômes apparaissent quasi systématiquement, dans les 2 semaines suivant la piqûre.

                        - « érythème migrant » : signe visible dans la moitié des cas environ, apparaissant à partir de 3 et jusqu’à 30 jours après la piqûre (si vous constatez une rougeur avant 3j il s’agit d’une inflammation due a une surinfection de la plaie ou a une allergie à la salive de la tique), consistant en une auréole rouge qui apparaît autour de la piqûre et s’étend de plus en plus vers l’extérieur, elle ne démange pas et n’est pas dure, elle peut aussi disparaître spontanément parfois. C’est un signe caractéristique de cette maladie.

Le traitement à ce stade est le plus facile et rapide, il permet en général d’éradiquer la maladie.

Stade 2 : Il apparaît entre 6 semaines et 1 an après la piqûre. Les signes sont:

Agrandissement de l’érythème migrant, persistance et/ou aggravation des symptômes grippaux avec diminution de l’endurance , épuisement, apparition de douleurs (mâchoire, oreille, nuque, dos…), troubles de la vision, palpitations cardiaques, insomnies, paralysies d’un membre, de la face, de la gorge possibles…

Le traitement à ce stade est plus long (jusqu’à disparition des symptômes) et à des doses d’antibiotique plus élevées.Lla maladie n’est pas toujours éradiquée par les antibiotiques à partir de ce stade car les bactéries sont difficilement accessibles.

Stade 3 : plusieurs mois à des années après la piqûre.

Les symptômes du stade 2 s’aggravent de plus en plus, avec des atteintes pouvant être plus ou moins irréversibles sous traitement (très variable selon les patients) au niveau du cœur (arythmies…), du système nerveux (troubles de la vision, pertes de mémoire, troubles de l’équilibre, diminution de la concentration, dépression, …), de la vessie et du tube digestif, neuromusculaires (atteinte des muscles, tendons, crampes, fourmillements, tremblements…), articulaires (arthrite)….

Ces symptômes sont multiples et peuvent faire penser à beaucoup de maladies différentes, d’autant plus que la piqûre par une tique est bien souvent oubliée. Les patients sont donc souvent sans diagnostic ou avec un diagnostic faux (et des traitements inefficaces !).

Si le diagnostic est fait à ce stade, le traitement est très long, et souvent les symptômes reviennent périodiquement, la guérison complète est beaucoup plus difficile, voire impossible, à obtenir.

Les cas du CAP

Entre 1989 et 2009, 63 cas de morsures de tiques chez l’Homme ont été recensés par le centre anti-poison, dont 30 chez des adultes et  33 chez des enfants.

Parmi ces cas, 3 (1 enfant et 2 adultes) ont débouché sur l’apparition d’une maladie de Lyme ou étaient à propos d’une maladie de Lyme déjà diagnostiquée, ces appels dataient de plus d’un mois après la piqûre par tique.

Le cas touchant un enfant a été diagnostiqué au stade 1 de la maladie et a pu être traité à temps, les 2 autres cas ont été diagnostiqués tardivement et les patients ont eu un traitement long et difficile.

Un cas a également débouché sur une dermo-épidermite (infection cutanée), les tiques pouvant également être porteur de nombreuses bactéries et virus en dehors de la maladie de Lyme (moins pathogène tout de même), qui favorisent la surinfection de la plaie.

Les autres appels se faisaient peu de temps après le repérage de la tique, et n’ont en général débouchés sur aucun symptôme a part une légère inflammation locale ou la surinfection bénigne de la plaie au maximum, après avoir réalisé le traitement conseillé par le médecin du Centre AntiPoison.

Que faire pour se protéger et en cas de piqûre de tiques ?

Prévention primaire : se protéger contre les tiques :

Lors des ballades en forêt et autres sorties « à risques », porter des vêtements longs et fermés, de couleur claire pour repérer plus facilement les tiques. Il est également possible d’utiliser  un répulsif de synthèse (DEET) pour les parties découvertes.

Il faut également examiner soigneusement tout le corps et le cuir chevelu après la promenade pour repérer et retirer précocement toute tique.


Prévention secondaire (après la piqûre): RETRAIT PRECOCE DE LA TIQUE

 

  1. EVITER L 'APPLICATION D'ETHER car elle provoquerait la régurgitation de la tique et la libération de la bactérie responsable de la maladie de Lyme.
  1. RETIRER LA TIQUE en l’agrippant le plus près possible de la peau et en tirant doucement à l'aide d'une pince spéciale vendue en pharmacie (tire tiques) ou par défaut d'une pince fine (pince à épiler).

Si une partie de la tête de la tique n'a pu être extirpée, il ne faut pas chercher à compléter l'extraction : cette partie peut rester pendant plusieurs semaine mais c’est principalement le ventre qui contient les bactéries donc faible risque d’infection.

  1. DESINFECTION ET SURVEILLANCE LOCALE attentive pendant 30 jours afin de détecter l'apparition d'un érythème migrant qui sera alors traité.

 lyme-erytheme

Exemple d’érythème migrant

(crédit : cf wikipedia)

 FAUT-IL DONNER DES ANTIBIOTIQUES ?

Pas dans tous les cas : la plupart du temps une simple désinfection avec surveillance des symptômes pouvant évoquer l’infection (fièvre, érythème migrant, symptômes grippaux tels que douleurs musculaires et frissons…) suffit. Cependant dans certains cas un traitement préventif par antibiotiques est nécessaire :

- si la tique est restée implantée plus de 36 heures

- si la durée d'implantation de la tique est inconnue mais la tique est gorgée de sang au moment du retrait

- chez la femme enceinte

 
Pour en savoir plus sur la maladie de Lyme :

http://www.tiquatac.org/index.htm

http://tique-lyme.monsite.wanadoo.fr/index.jhtml

http://www.chu-besancon.fr/infectiologie/lyme.pdf

http://www.lyme.org/updates.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_Lyme