Envenimation par les vives

 

 

Comme tous les étés, des milliers de vacanciers se dirigent vers les plages de France, chacun en quête de soleil, de baignade et de tranquillité. Cependant cet afflux de baigneurs n’est pas sans déranger la tranquillité de petits poissons enfouis dans le sable et dénommés "vives", qui se défendront vivement, si vous décidez de leur marcher dessus. 
Bien sûr, chaque année, des centaines de personnes se font piquer ; mais quelques centaines comparées à des millions de baigneurs, c’est peu . Cependant, il est tout de même important d’en savoir un peu plus sur ce poisson, sa piqûre et ce qu’il faut faire si vous ou un de vos enfants ou amis se fait piquer.

 

Ces poissons vivent enfouis dans le sable et ne laissent dépasser que leurs épines dorsales et le sommet de leur tête. Elles se tiennent près des côtes en été et plus au large en hiver. Deux espèces de couleur jaune, tachetées ou rayées de brun, sont communes : la grande vive ( Trachinus draco) et la petite vive (Echiichthys vipera). Il existe également la vive araignée ( Trachinus araneus ) et la vive à tête radiée ( Trachinus radiatus), mais qui sont plus rares.

Description

Les vives sont dotées d’épines venimeuses réparties sur à peu près tout leur corps. une épine venimeuse sur chaque opercule dirigée vers l’arrière. La première des deux nageoires dorsales comprend 5 à 7 épines venimeuses. Les nageoires pelviennes et anales possèdent également des épines.

Les piqûres surviennent sur tous les bords de mer, que ce soit en Méditerranée ou sur la côte Atlantique et la Manche. Les piqûres s’observent habituellement lorsque le baigneur marche sur les épines dorsales, pelviennes ou anales ou lors de la manipulation des poissons par les pêcheurs ( les vives sont commercialisées et leur chair fine est appréciée).

Symptomatologie

La douleur est immédiate et intense, elle débute au point de piqûre puis s’étend à tout le membre (jambe le plus souvent chez les baigneurs, bras en particulier chez les pêcheurs). La piqûre provoque des sueurs, des nausées, des vomissements et une lipothymie (angoisse , malaise ). 

On observe un œdème local accompagné de pâleur de la peau au point de piqûre. 

Il peut y avoir perte de connaissance, ce qui peut s’avérer grave étant donné que l’incident survient dans l’eau, pouvant ainsi conduire à la noyade.

Dans certains cas plus sévères, on observe au point d'injection du venin, en plus de l'œdème, un hématome avec une zone plus ou moins nécrosée (zone noire correspondant à du tissus mort).

Les piqûres de vives peuvent se compliquer de surinfection.

Prise en charge d'une piqûre de vive

Même si la douleur vous semble intense et insupportable, ne cédez pas à la panique et sortez de l’eau. 
Il suffit de suivre les quelques indications qui vont suivre pour faire céder la douleur en seulement quelques minutes. La base de la prise en charge est basée sur le fait que le venin de vive est thermolabile, c’est à dire qu'il est détruit par la chaleur. Il faut réaliser un choc thermique au niveau de la plaie, c’est à dire un brutal passage du chaud vers le froid. 

Pour cela vous pouvez approcher une cigarette incandescente près de la piqûre mais sans toucher la peau pendant 1 à 2 minutes puis aussitôt appliquer un glaçon directement sur la plaie, la douleur disparaît quasi-instantanément. Attention, il ne s’agit pas de se brûler non plus! 
Si vous êtes non-fumeurs, vous pouvez utiliser un sèche-cheveux ou un allume-cigare.
De toute façon, si l’incident survient sur une plage fréquentée et surveillée, les secouristes sont équipés et savent quoi faire.

 

Chiffres du centre antipoison de Lille

Entre 1995 et 2002, le centre antipoison de Lille a pris en charge 60 envenimations par piqûre de vive soit environ 7 accidents par an. Ce chiffre n'est pas représentatif de ce qui se passe réellement sur nos côtes car nous ne sommes pas appelé systématiquement pour une piqûre de vive. Généralement l'accident survient non loin d'un poste de secours et ce sont les sauveteurs qui prennent en charge le blessé.

Dans la majorité des cas on constate que l'accident concerne des adultes (53 cas sur 60). Il s'agit en particulier de pêcheurs ou de poissonniers qui lors d'une erreur de manipulation se sont enfoncés l'épine dorsale dans la main.
Dans le reste des cas l'envenimation survient en eau peu profonde (1m à 1m50) lors de baignade ou de jeux de ballon. 

Les piqûres surviennent plus fréquemment le samedi et/ou dimanche, tout simplement à cause du plus grand nombre de personnes allant sur le bord de mer ces jours de fin de semaine..
De la même manière, la fréquence est plus élevée en juillet et en août.

 

Généralement l'envenimation se limite à une effraction cutanée et à une douleur locale (53 cas sur 60). Par contre dans 7 cas, on a constaté des signes plus sévères, avec survenue d'un hématome accompagnée d'une nécrose locale. Dans tous les cas la guérison a été la règle.

Conclusion

L'envenimation par piqûre de vive semble donc relativement bénigne. Cependant elle survient dans un milieu qui impose la prudence; la mer ou l'océan. Il convient donc d'être vigilant, de chausser de sandalettes les pieds des petits enfants et en cas d'accident de ne pas hésiter à prévenir les secours.

 

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